Une thèse intéressante et ludique porte un regard sur l’absence de pudeur des natifs du numérique (de l’anglais : digital natives). Il s’agit de comparer le déballage d’information privées sur les réseaux sociaux observé aujourd’hui avec l’approche décomplexée de la sexualité chez nos parents dans les années 60. Le parallèle fait sourire et permet une première approche pour comprendre ce premier mouvement de balancier que nous vivons encore aujourd’hui, vers la banalisation de l’exhibition des informations personnelles sur internet.
Lire : “La vie privée, un problème de vieux cons ?”, par Jean-Marc Manach.
L’article du site InternetActu développe l’analyse de cette appropriation sociale des technologies, comme la géolocalisation, en continuant sur l’angle générationnel. Cette problématique est intéressante, si on considère que nos sociétés occidentales ont une pyramide des ages qui s’épaissit vers le haut. Alors que dans le même temps, ce sont les jeunes générations qui s’approprient en premier le numérique, donc fixent les usages pour le reste de la société.
La question de la norme, heureusement, reste un débat collégial. Le débat du changement de statut de la vie privée est ouvert, et çà se passe en ligne.
Les mutations du secteur de la presse et des métiers du journalisme en général sont régulièrement abordées, plutôt avec catastrophisme. Les professionnels de l’information s’ inquiètent de la destruction de valeur aussi bien économique qu’éthique dans l’émergence du concept de journalisme citoyen. Cette crispation est-elle suffisante pour imaginer ce que deviendra le journalisme après cette mutation ?
Un article du site InternetActu revient sur le cas des attentats de Londres. Extrait :
“Le caractère mythologique et volontiers sentencieux de cette défense [du métier par les journalistes eux-mêmes] et illustration des valeurs traditionnelles du journalisme trahit l’appréhension des professionnels devant les mutations qui les menacent. Avec le recul, on constate que la focalisation sur quelques couvertures a gommé bien des particularités de ce cas exceptionnel. C’est d’abord le caractère inaccessible des souterrains du métro qui a permis aux captures des voyageurs de prendre la place des photographies professionnelles. Moins que la production de l’image, ce sont ensuite les modalités de sa transmission qui apparaissent comme le facteur-clé de la publication. Dennen et Chadwick, loin d’être représentatifs de “Monsieur Tout-le-Monde”, sont au contraire de bons connaisseurs des outils numériques, comme en attestent le recours à la licence Creative Commons ou la retouche préalable de l’image.”
De quoi alimenter, et surtout préciser le débat sur la place de l’internaute dans la chaîne de l’information. La crise du journalisme est certainement et encore une fois, une crise pour des professionnels confrontés une mutation causée par le phénomène internet.

C’est cette semaine que l’agenda de l’Assemblée Nationale Française doit évoquer le projet de loi “Création et internet”, dite loi “HADOPI“. Le dossier est dans le circuit parlementaire depuis pas mal de temps : en revenant sur ce sujet ce matin, j’ai trouvé un document qui montre que les “politiques” ne sont pas forcément stupides ou ignorants, voire totalement manipulés par des lobbys influents.
Dans l’Avis n° 59 (2008-2009) de M. Bruno RETAILLEAU, fait au nom de la commission des affaires économiques, déposé le 28 octobre 2008, on apprend que les décideurs politiques sont eux-même très conscients des limites du dispositif législatif sur ce problème, et de sa complexité. Rassurant, un peu.
Toutefois, le pouvoir en place pilote l’action du parlement, dont il a la majorité. En l’état, cette loi est très inquiétante : elle comporte beaucoup d’approximations, de non-sens à la fois techniques et économiques. Ce matin, j’ai inscrit ce blog dans l’action intiée par La Quadrature du Net : en arrivant sur la première page, nous affichons le “black-out” du web. Tout citoyen devrait prendre conscience de l’importance de ce dossier dans notre société numérique.
