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Quand Facebook se prend les pieds dans le tapis… (de souris ;-)

18/02/2009 Aucun commentaire

Sur le site d’information Rue89, ce mercredi, une info intéressante sur une volte-face… Début février, Facebook avait édicté de “nouvelles conditions d’utilisation” des données mises en lignes par ses membres, ces nouvelles conditions étant formalisées par “une licence perpétuelle et mondiale pour les contenus“… Cette licence devait permettre à Facebook de conserver des copies archivées des contenus des utilisateurs… même si le contenu était “effacé” du site par l’internaute membre de ce réseau social ! Cette décision a suscité une “cyber-révolte” (…), dont l’ampleur a contraint Mark Zuckerberg, le Pdg du réseau social américain, a annoncé par un post sur le mur de tous les utilisateurs (et en parallèle avec un message sur le blog du même réseau), que Facebook revenait sur ces changements. Illustration intéressante des enjeux que constitue la question des “contenus” et de leur gestion pour ces réseaux mondiaux, mais aussi – et peut-être surtout – intéressant ce “couac”, tant il illustre selon moi que dans le cyberespace-public, les relations entre “usagers” et détenteurs de plate-formes ne sont pas aussi dissymétriques que ce qu’étaient (sont) les relations émetteurs-récepteurs dans “l’ancien régime médiatique” (celui des médias de masse). Pour celles et ceux qui persisteraient à confondre “usager” et “récepteur” : l’article de Rue89.

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Les technologies font émerger des “usages” et des “pratiques”

16/01/2009 Aucun commentaire

388704730_mLa lecture du post de François “Les outils induisent un système de pensée” (voir-ci-dessous), m’a fait penser à ce livre fondamental que Pierre Lévy a publié en 1990 : “Les technologies de l’intelligence. L’avenir de la pensée à l’ère informatique“. L’objet de ce livre (qui a donc presque 20 ans, et que je recommande à tous les étudiants en communication !) est de repenser “le rôle des technologies informationnelles dans la constitution des cultures et l’intelligence des groupes”. Sa lecture peut nous permettre de mieux comprendre les enjeux et les ressors des “réseaux sociaux” contemporains, et les logiques d’innovation à l’ère de la “convergence numérique”.

L’auteur nous rappelle que chaque innovation technique constitue – au sens fort – une création de significations, et qu’elle a donc une “fonction de structuration du monde perçu“. Elle a ainsi un rôle majeur dans notre “activité cognitive” (qui consiste à produire du sens) “… l’activité cognitive… vise à produire un ordre dans l’environnement de l’être connaissant, ou tout au moins à diminuer la part du bruit et du chaos.

Nous devons penser notre environnement – et nous penser nous-même dans cet environnement – en terme d’ “écologie cognitive”, dans la mesure où “L’intelligence ou la cognition sont le fait de réseaux complexes où interagissent un grand nombre d’acteurs humains, biologiques et techniques.“, écrit le philosophe. “En écologie cognitive, il n’y a pas de causes et d’effets mécaniques, mais des occasions et des acteurs.” Ainsi, les notions de réseaux, d’interactions et d’interfaces sont des notions majeures pour penser, prendre et comprendre, ce que P. Lévy appellera dans un ouvrage ultérieur “le cyberespace”, et la problématique générale de “l’émergence”. Cette écologie cognitive a une forte dimension technique. Or, trop souvent la technique est pensée sur le mode de l’extériorité (la fameuse séparation cartésienne entre le “sujet” et “l’objet”, pilier de notre culture héritée) et sur le mode “déterministe”. Certes, comme le propose François dans son post, les “outils induisent un système de pensée”, mais c’est aussi notre façon “de penser ces outils” qui fait émerger des usages originaux et des pratiques innovantes. La technique ne “détermine” pas, elle “rend possible”, elle crée les conditions pour produire du sens, de la relation, etc… Pierre Lévy y insiste d’ailleurs dans son livre : “La technique, même la plus moderne, est toute en bricolage, réemploi et détournement.” Ainsi, les réseaux créent les conditions d’une “intelligence collective” (autre concept majeur chez Pierre Lévy) : “Une certaine configuration de technologies intellectuelles à un moment donné ouvre certains champs des possibles (et pas d’autres) à une culture.” C’est ce qui sans doute, nous permet de comprendre pourquoi la question des “savoirs” (leurs conditions de production, leurs principes de classification et leurs processus de capitalisation) est aussi stratégique pour l’ensemble des institutions, et comment ont été rendu possibles les conditions d’une “innovation ascendante“.