C’est une bonne tradition : le 1er Avril est une bonne occasion pour épingler le comportement ou la bêtise dans ce bas monde. Plutôt que de concevoir un “hoax” aujourd’hui, je vous livre par anticipation quelques unes des actualités qui m’ont fait rire aujourd’hui :
- Microsoft décide de rendre gratuit Windows XP pour les netbooks et la virtualisation
“Qui a dit que Microsoft n’avait pas d’idées intéressantes ? A la fois confronté à la chute de la demande liée à la crise, au désamour pour Vista et sans doute pour mieux préparer l’arrivée de Windows Seven, l’éditeur de Redmond a décidé de faire une fleur à quelques millions de clients dans le monde…”
channelinsider.fr.
- L’April sécurise votre accès Internet en publiant son logiciel HADes OPInion
“Paris, le 1er avril 2009. Communiqué de presse.
HADes OPInion1 est un logiciel libre de sécurisation de son accès Internet contre l’utilisation frauduleuse et de contrôle peerental. Grâce à HADes OPInion, surfer sur l’Internet sans faire de vagues n’a jamais été aussi facile.”
april.fr (Heu.. APRIL ≠ avril, APRIL = Association pour la Promotion et la Recherche en Logiciel libre)
“Il vient un moment où la guerre Mac/PC vient à bout de tous les arguments. Pour faire rendre gorge à vos adversaires, MacGeneration teste pour vous l’arme ultime : le lance-missile USB.”
macgeneration.com

Ca bombarde de partout ! Tout comme feu le projet DADVSI, le projet de loi fait remonter une quantité et une diversité incroyable d’avis tous convergents (on parle des gens compétents sur le sujet). Et c’est du lourd : scientifiques, économistes, juristes, institutions publiques (CNIL, ISOC France)… Pourtant, je me faisais haranguer hier par un <biiip…> sur la nécessité de réguler internet, soit disant espace de “non droit”. Bref. Passons à la revue de presse sur HADOPI :
- Un contre-argumentaire sur le rapport HADOPI, très sérieux et argumenté par un consultant, qui déshabille complètement la démarche intellectuelle de celui-ci. (Fabrice Epelboin blogue sur ReadWriteWeb, site de référence sur les technologies internet)
- “Hadopi est une mauvaise réponse faite par des gens désemparés”, Interview de Patrick Waelbroeck, professeur associé à l’ENST au département Economie et Science Sociale. Il y enseigne l’économie industrielle et l’économétrie. Il est détenteur d’un doctorat obtenu à la Sorbonne et fait une partie de ses études à Yale. Ses recherches actuelles portent sur une approche à la fois pratique, scientifique et empirique du piratage sur internet et la protection technologique des industrie créatives. Il est également membre du comité éditorial du Journal of Cultural Economics. Il a publié de nombreux travaux sur le sujet du piratage et de l’industrie culturelle.
- Le bloggeur Tristan Nitot : “Le rodéo – peplum d’Hadopi”, article très drôle sur le comportement caricatural du pouvoir sur ce dossier. Effectivement, on doutera de la méthode et de la compétence de tels éléphants s’invitant dans un magasin de porcelaine. (Au moins, çà fait du bruit sur le web).
- Maître Eolas, avocat et bloggeur (de talent). Une référence sur le web. Il publie, lui aussi, sur l’amateurisme et l’approximation des acteurs du dossier en matière de droit. Luc besson soutient le gouvernement, et s’expose dans les médias (“le monde”). Fallait pas.
- L’association de consommateurs “UFC-Que choisir” informe les consommateurs, c’est son rôle. Il y a même une jolie parodie. Une étude est publiée ici, avec en annexe un constat d’huissier, plutôt amusant : le mode opératoire complet et documenté par huissier sur la façon de “craquer” n’importe quel point wifi sécurisé. (HADOPI prévoit la pénalisation du propriétaire d’un point wifi qui aurait servi au “piratage”)
- Un article dans MediaPart.fr, par Philippe Aigrain (informaticien, chercheur, ancien chef du secteur technologie du logiciel à la Commission européenne, voir sa bio). Des idées, pour ouvrir enfin les voies d’un vrai débat sur le sujet.
- Un point de vue sur les motivations politiques du projet. “Hadopi: surveiller et punir internet“ écrit par André Gunthert pour le Monde Diplomatique.

C’est cette semaine que l’agenda de l’Assemblée Nationale Française doit évoquer le projet de loi “Création et internet”, dite loi “HADOPI“. Le dossier est dans le circuit parlementaire depuis pas mal de temps : en revenant sur ce sujet ce matin, j’ai trouvé un document qui montre que les “politiques” ne sont pas forcément stupides ou ignorants, voire totalement manipulés par des lobbys influents.
Dans l’Avis n° 59 (2008-2009) de M. Bruno RETAILLEAU, fait au nom de la commission des affaires économiques, déposé le 28 octobre 2008, on apprend que les décideurs politiques sont eux-même très conscients des limites du dispositif législatif sur ce problème, et de sa complexité. Rassurant, un peu.
Toutefois, le pouvoir en place pilote l’action du parlement, dont il a la majorité. En l’état, cette loi est très inquiétante : elle comporte beaucoup d’approximations, de non-sens à la fois techniques et économiques. Ce matin, j’ai inscrit ce blog dans l’action intiée par La Quadrature du Net : en arrivant sur la première page, nous affichons le “black-out” du web. Tout citoyen devrait prendre conscience de l’importance de ce dossier dans notre société numérique.

Le IHM (Interfaces homme-machine) évoluent de manière très rapide et avec des performances remarquables. En témoigne, cet article publié sur (l’excellent) Internetactu à propos de la présentation – lors du dernier TED – de “Sixième Sense”, un concept d’interface miniaturisée qui permet d’interagir avec l’internet sans avoir besoin d’écrans…
La commission Européenne doit délibérer au mois de mars sur un projet de directive : l’allongement de la durée du droit des artistes-interprètes, de 50 à 95 ans. Il y a une grosse ficelle, comme souvent, qui remonte vers un coupable… “A qui profite le crime ?”. Une première approche sur framasoft.net
Faites vous votre idée, il y a pas mal de registres dans ce grand fourre-tout du “droit d’auteur”, argument de justification massive dans la guerre contre la délinquance numérique. Cette analyse de l’actu web vient d’un blog d’un journaliste de Libé : “Qui veut la peau du domaine public pour faire plaisir à Aznavour ?”
Comme l’écrit Florent Latrive au sujet du rapporteur pour la commission, “Charlie McGreevy n’est pas le mère Thérésa des artistes maudits“. Au moins il sait porter les valises.
Voici une excellente analyse en plusieurs pages sur la situation (critique) de Microsoft sur le marché des systèmes pour mobiles. Oui, ce géant est aux pieds d’argile, l’article du site macgeneration.com vous explique pourquoi.
Quelques points clés :
- Une concurrence très active, réactive, créative. Une position de suiveur.
- Absence d’innovation, copie évidente de l’interface et du modèle économique d’Apple.
- Le “système d’exploitation” devient transparent du point de vue de l’utilisateur. L’expérience d’usage compte.
- La généralisation d’internet sur mobile est là, Microsoft n’est pas prêt.
- Un point positif (du point de vue de l’éditeur) : le pouvoir que lui confère sa position historique, pour forcer et influencer les acteurs du marché.
Ce qui se passe sur le marché du mobile pourrait ressembler à une répétition générale des enjeux qui se posent à Microsoft sur le marché du PC.
Sur le site d’information Rue89, ce mercredi, une info intéressante sur une volte-face… Début février, Facebook avait édicté de “nouvelles conditions d’utilisation” des données mises en lignes par ses membres, ces nouvelles conditions étant formalisées par “une licence perpétuelle et mondiale pour les contenus“… Cette licence devait permettre à Facebook de conserver des copies archivées des contenus des utilisateurs… même si le contenu était “effacé” du site par l’internaute membre de ce réseau social ! Cette décision a suscité une “cyber-révolte” (…), dont l’ampleur a contraint Mark Zuckerberg, le Pdg du réseau social américain, a annoncé par un post sur le mur de tous les utilisateurs (et en parallèle avec un message sur le blog du même réseau), que Facebook revenait sur ces changements. Illustration intéressante des enjeux que constitue la question des “contenus” et de leur gestion pour ces réseaux mondiaux, mais aussi – et peut-être surtout – intéressant ce “couac”, tant il illustre selon moi que dans le cyberespace-public, les relations entre “usagers” et détenteurs de plate-formes ne sont pas aussi dissymétriques que ce qu’étaient (sont) les relations émetteurs-récepteurs dans “l’ancien régime médiatique” (celui des médias de masse). Pour celles et ceux qui persisteraient à confondre “usager” et “récepteur” : l’article de Rue89.
Le Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Emploi a publié en juin 2008, un document intitulé “Tableau de bord des TIC et du commerce électronique”. Un tableau de bord complet, sur les équipements (des entreprises et des ménages) et sur les pratiques des entreprises en terme de commerce électronique. Un document qui permet de prendre la mesure de ces mutations, de leur rythme, de leur direction et de leur impact.