La loi Création et Internet (dite Loi Hadopi), a été rejetée le 9 avril dernier à l’Assemblée nationale. Elle doit être de nouveau soumise à la fin du mois à la “représentation nationale”. Lire cette contribution intéressante aux différents débats sur la loi HADOPI en particulier, et sur la Société de l’Information en général : “Qui contrôlera le futur ?”
Les éditeurs de sites d’informations sont concernés par l’adoption de la loi “Création et internet” débatu la semaine dernière (MAJ : la loi n’a pas été votée en première lecture. La loi fait toujours polémique, et il faudra attendre la fin de cette sombre aventure pour savoir si l’amendement restera dans le texte final…). En effet, un amendement a été déposé et adopté au cours des (maigres) débats. Il apporte un statut proche de celui de la presse papier, avec des règles fiscales et juridiques nouvelles pour les sociétés d’informations sur internet, quelles soient “pure player” ou multi-support. A noter, l’emploi d’au moins un journaliste “professionnel” est obligatoire pour prétendre à ce statut.
Lire l’article du monde.fr.
C’est une bonne tradition : le 1er Avril est une bonne occasion pour épingler le comportement ou la bêtise dans ce bas monde. Plutôt que de concevoir un “hoax” aujourd’hui, je vous livre par anticipation quelques unes des actualités qui m’ont fait rire aujourd’hui :
- Microsoft décide de rendre gratuit Windows XP pour les netbooks et la virtualisation
“Qui a dit que Microsoft n’avait pas d’idées intéressantes ? A la fois confronté à la chute de la demande liée à la crise, au désamour pour Vista et sans doute pour mieux préparer l’arrivée de Windows Seven, l’éditeur de Redmond a décidé de faire une fleur à quelques millions de clients dans le monde…”
channelinsider.fr.
- L’April sécurise votre accès Internet en publiant son logiciel HADes OPInion
“Paris, le 1er avril 2009. Communiqué de presse.
HADes OPInion1 est un logiciel libre de sécurisation de son accès Internet contre l’utilisation frauduleuse et de contrôle peerental. Grâce à HADes OPInion, surfer sur l’Internet sans faire de vagues n’a jamais été aussi facile.”
april.fr (Heu.. APRIL ≠ avril, APRIL = Association pour la Promotion et la Recherche en Logiciel libre)
“Il vient un moment où la guerre Mac/PC vient à bout de tous les arguments. Pour faire rendre gorge à vos adversaires, MacGeneration teste pour vous l’arme ultime : le lance-missile USB.”
macgeneration.com
Les mutations du secteur de la presse et des métiers du journalisme en général sont régulièrement abordées, plutôt avec catastrophisme. Les professionnels de l’information s’ inquiètent de la destruction de valeur aussi bien économique qu’éthique dans l’émergence du concept de journalisme citoyen. Cette crispation est-elle suffisante pour imaginer ce que deviendra le journalisme après cette mutation ?
Un article du site InternetActu revient sur le cas des attentats de Londres. Extrait :
“Le caractère mythologique et volontiers sentencieux de cette défense [du métier par les journalistes eux-mêmes] et illustration des valeurs traditionnelles du journalisme trahit l’appréhension des professionnels devant les mutations qui les menacent. Avec le recul, on constate que la focalisation sur quelques couvertures a gommé bien des particularités de ce cas exceptionnel. C’est d’abord le caractère inaccessible des souterrains du métro qui a permis aux captures des voyageurs de prendre la place des photographies professionnelles. Moins que la production de l’image, ce sont ensuite les modalités de sa transmission qui apparaissent comme le facteur-clé de la publication. Dennen et Chadwick, loin d’être représentatifs de “Monsieur Tout-le-Monde”, sont au contraire de bons connaisseurs des outils numériques, comme en attestent le recours à la licence Creative Commons ou la retouche préalable de l’image.”
De quoi alimenter, et surtout préciser le débat sur la place de l’internaute dans la chaîne de l’information. La crise du journalisme est certainement et encore une fois, une crise pour des professionnels confrontés une mutation causée par le phénomène internet.
Le débat sur le droit d’accès à internet progresse dans la société. Alors que le projet HADOPI prévoit sa coupure par voie administrative (et non judiciaire) dans la “riposte graduée”, le parlement européen a un avis différent. Sans citer “internet”, le droit européen, dans la charte des droits fondamentaux prévoit dans l’article 11 le droit de recevoir ou de communiquer informations et idées, “sans qu’il puisse y avoir ingérence d’autorités publiques“. C’est mal barré pour HADOPI : au niveau technologique (le filtrage est une utopie), comme au niveau du droit.
Pour le gouvernement, la vision serait-elle réduite à cet argument du ministre : “L’accès à internet est une commodité” ?.


Ca bombarde de partout ! Tout comme feu le projet DADVSI, le projet de loi fait remonter une quantité et une diversité incroyable d’avis tous convergents (on parle des gens compétents sur le sujet). Et c’est du lourd : scientifiques, économistes, juristes, institutions publiques (CNIL, ISOC France)… Pourtant, je me faisais haranguer hier par un <biiip…> sur la nécessité de réguler internet, soit disant espace de “non droit”. Bref. Passons à la revue de presse sur HADOPI :
- Un contre-argumentaire sur le rapport HADOPI, très sérieux et argumenté par un consultant, qui déshabille complètement la démarche intellectuelle de celui-ci. (Fabrice Epelboin blogue sur ReadWriteWeb, site de référence sur les technologies internet)
- “Hadopi est une mauvaise réponse faite par des gens désemparés”, Interview de Patrick Waelbroeck, professeur associé à l’ENST au département Economie et Science Sociale. Il y enseigne l’économie industrielle et l’économétrie. Il est détenteur d’un doctorat obtenu à la Sorbonne et fait une partie de ses études à Yale. Ses recherches actuelles portent sur une approche à la fois pratique, scientifique et empirique du piratage sur internet et la protection technologique des industrie créatives. Il est également membre du comité éditorial du Journal of Cultural Economics. Il a publié de nombreux travaux sur le sujet du piratage et de l’industrie culturelle.
- Le bloggeur Tristan Nitot : “Le rodéo – peplum d’Hadopi”, article très drôle sur le comportement caricatural du pouvoir sur ce dossier. Effectivement, on doutera de la méthode et de la compétence de tels éléphants s’invitant dans un magasin de porcelaine. (Au moins, çà fait du bruit sur le web).
- Maître Eolas, avocat et bloggeur (de talent). Une référence sur le web. Il publie, lui aussi, sur l’amateurisme et l’approximation des acteurs du dossier en matière de droit. Luc besson soutient le gouvernement, et s’expose dans les médias (“le monde”). Fallait pas.
- L’association de consommateurs “UFC-Que choisir” informe les consommateurs, c’est son rôle. Il y a même une jolie parodie. Une étude est publiée ici, avec en annexe un constat d’huissier, plutôt amusant : le mode opératoire complet et documenté par huissier sur la façon de “craquer” n’importe quel point wifi sécurisé. (HADOPI prévoit la pénalisation du propriétaire d’un point wifi qui aurait servi au “piratage”)
- Un article dans MediaPart.fr, par Philippe Aigrain (informaticien, chercheur, ancien chef du secteur technologie du logiciel à la Commission européenne, voir sa bio). Des idées, pour ouvrir enfin les voies d’un vrai débat sur le sujet.
- Un point de vue sur les motivations politiques du projet. “Hadopi: surveiller et punir internet“ écrit par André Gunthert pour le Monde Diplomatique.

C’est cette semaine que l’agenda de l’Assemblée Nationale Française doit évoquer le projet de loi “Création et internet”, dite loi “HADOPI“. Le dossier est dans le circuit parlementaire depuis pas mal de temps : en revenant sur ce sujet ce matin, j’ai trouvé un document qui montre que les “politiques” ne sont pas forcément stupides ou ignorants, voire totalement manipulés par des lobbys influents.
Dans l’Avis n° 59 (2008-2009) de M. Bruno RETAILLEAU, fait au nom de la commission des affaires économiques, déposé le 28 octobre 2008, on apprend que les décideurs politiques sont eux-même très conscients des limites du dispositif législatif sur ce problème, et de sa complexité. Rassurant, un peu.
Toutefois, le pouvoir en place pilote l’action du parlement, dont il a la majorité. En l’état, cette loi est très inquiétante : elle comporte beaucoup d’approximations, de non-sens à la fois techniques et économiques. Ce matin, j’ai inscrit ce blog dans l’action intiée par La Quadrature du Net : en arrivant sur la première page, nous affichons le “black-out” du web. Tout citoyen devrait prendre conscience de l’importance de ce dossier dans notre société numérique.

Pour celles et ceux qui ont raté le truc (3 jours de conférences sur le thème “Disruption & Opportunity”), séances possibles de rattrapage avec ReadWriteWeb TV qui avait, début novembre 2008, mis en ligne les sessions
Voir aussi le site du Sommet et quelques photos

Tim O’Reilly (Président-fondateur de O’Reilly Média, maison d’édition spécialisée dans l’informatique, et l’un des initiateurs de “l’open source” et du livre électronique) est celui qui a défini – en 2004 – les principes du web 2.0 :
1- Le web en tant que plate-forme
2- Tirer parti de l’intelligence collective
3- La puissance est dans les données
4- La fin des cycles de release
5- Des modèles de programmation légers
6- Le logiciel se libère du PC
7- Enrichir les interfaces utilisateur
La traduction en français du texte de Tim O’Reilly
Voir aussi, le point de vue d’Oreilly sur “Facebook”