“Les outils induisent un système de pensée”
Un article intéressant sur internetactu.net pose le débat entre papier et écran. C’est du lourd, cet article : je le recommande. On y découvre au final, un choc des cultures entre deux visions de la communication écrite, qui déclenche évidemment des passions.
Pourquoi un tel choc ? L’article développe très bien les différences entre ces supports. Personnellement, je fais un parallèle immédiat avec ce que j’ai souvent rencontré dans les oppositions entre partisans du Mac et ceux du PC. Plus généralement, on retrouve ces débats entre dispositifs techniques, par exemple entre marques de téléphone. (Maintenant que le téléphone est devenu un PC… ou un iPhone, c’est facile…).
Au delà de l’attachement affectif (déclenché par quoi ? J’y viens), il y a de bonnes raisons rattacher ces préférences individuelles (ou collectives) à un principe très riche en signification :
“Les outils induisent un système de pensée”
Cette explication m’a permis de dépassionner et de rendre objectifs certains choix technologiques dans mon métier. Oui, nous réagissons avec subjectivité. Mais ce libre-arbitre est aussi influencé par les outils que nous pratiquons, tout comme les outils induisent des pratiques. Nous assimilons ces expériences (positives ou négatives), nous nous adaptons à ces dispositifs techniques. La qualité propre de ces outils n’est pas forcément le premier critère d’assimilation : il s’agit parfois de “survie”. (Qui n’a pas abdiqué sa “raison” devant une machine pour atteindre son but ?). Un savoir ou savoir-faire acquis a toujours l’avantage sur un nouvel apprentissage.
Je pense que l’ensemble de nos expériences (positives ou déceptives) face à la technologie devient notre culture et une part de notre identité. Cette culture est un critère d’appartenance à un groupe par les savoir-faire communs. Elle est donc défendue, individuellement ou collectivement en tant que valeur, parfois avec passion.
Revenons sur les effets secondaires de cette assimilation culturelle : on conviendra que l’ordinateur est un outil un peu plus sophistiqué qu’un manche de pioche… Il suffit pourtant de comparer les mains d’un artisan avec celles d’un salarié du tertiaire. Si si ! Vous êtes droitiers ? Retournez votre main droite, comparez au niveau du poignet avec votre main gauche… Vous y êtes ? Oui, c’est la manipulation de la souris qui laisse cette trace sur votre peau. Imaginez le nombre de clics par jour, et transposez avec une pioche…

Les traces les moins visibles sont les plus intéressantes. Dans un prochain post, je compte bien faire l’inventaire de ces effets secondaires sur notre intelligence. L’acculturation à l’informatique ne s’est pas toujours faite sans mal. Je connais pas mal de personnes parmi ces gens “nuls en informatique”, dont le problème n’est pas le QI mais l’intégrité intellectuelle.
Comprendre les systèmes de pensées est une clé pour évoluer dans la culture numérique.